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Six Poems by Francis Ponge (from Le Grand Recueil: Lyres)
By
Andrew Boobier
L'Herbe Qu'y a-t-il en nous de pareil aux herbes? Fines et nues, toujours d'humeur froide, Froid et unes, Non pas mille graces mais mille herbes, D'attitude très naturelle. Contentes sur place, Sûres à l'ancienneté de leur decoration, Elles assistant au boeuf. Au Printemps Point de fumée sans feu? - Au printemps, une bouche de sous la terre tire sur les cigars à braise verte sous bois. Un corps au supplice sur le fauteuil électrique dès sa transformation fume. A brûle-pourpoint, l'odeur de la poudre. L'écharpe autour du cou de la gueule de canon. Après le coup que l'on n'a pas entendu, Se relâche et rode. Le Nuage Un linon humide et glace flotte, dénoué du front qu'il sereina Où la transpiration a perlé… Par mille étoiles. Ainsi, lorsqu'il va fonder, bouge, et conçoit une molle chasse Tout un bloc de cristaux plumeux. Soir D'Aout D'août le soleil du soir nous tisse des hamacs A sa grosse patère au bat-flanc attachés; Toboggans de soie blonde, métrages de tissue Où rebondissent comme de vivantes miettes Le moustiques dorés don't le bruit donne chaud. Allongeons-nous, goûtons ces quarts d'heure de mile Où dans le taffetas nos douleurs sont pansées. L'or fauve est la couleur d'une gloire au decline, Sympathetique déjà, d'ou l'orgueil est banni, Plus nourrisante et moins fermée sur soi. …C'est ainsi que le soir nous accueille et nous choie, Et vous convoque, horizontals joies. Cinq Sepembre Le ciel hésite entre la nacre et l'ardoise; Tout se révèle un miroir à facettes Et comme un coffer incrusté se renvoie ses feux Blancs ou gris-perle, - et meme l'arbre ou l'herbe Sont revêtus d'une écaille argentée. Dotées d'un masque dessus leurs qualities Les choses sont ainsi admises au concert Et prévenues d'avoir à s'uniformiser. Ce simulacra, en vue du proche hiver, Est à honneur de la Nature fière Qui s'avertit de ses propres malheurs, Et règle à la faveur d'une fête, et sans fiel, Son front et son maintien dans la ruine et le gel. Marine Sous les sabots du ciel, de ce grand boeuf léger, poudroie la fleur du bris d'épaisses feuilles de colle. Autour de la cuisse pilonnante des cieux se déploient les jupons des filles de la colophane bleue. Puis, atolls de sucre cristallin, ballotés à demi findus sur les profonds cahiers de stagnation berceurs… ![]() |
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